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Le Centre de Danse Espiral a été créé en 1985 à Santiago du Chili par Joan et Patricio Bunster. Nous sommes alors en pleine dictature de Pinochet et le pays vit sous la coulpe d'une répression politique féroce.

En 1980, Patricio Bunster et Joan Jara tous deux exilés depuis le 11 septembre 73, rentrent au pays. Joan Jara est la veuve de Victor Jara, poète et militant du Front Populaire, assassiné lors du coup d’état par les forces militaires putschiste.

 

Malgré le climat politique extrême, Patricio et Joan ont en tête de reprendre leurs activités artistiques et culturelles : développer la danse en direction des quartiers populaires, ouvrir la culture chilienne à la danse contemporaine. Et c’est ce qu’ils font, envers et contre tout, surtout contre le système politique qui s’acharne à l’interdiction et à l’intimidation.

Avant le coup d’état, tous les deux ont été des acteurs de la vie politique et chorégraphique chilienne, notamment au sein du « Ballet Populaire » constitué par un groupe de danseurs du « Ballet Nacional Chileno » et auquel participait Victor Jara en qualité de musicien et parfois comédien, sous le gouvernement Allende.

 

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En 1980 donc, Patricio et Joan sont autorisés à revenir au pays, mais … sous surveillance. Ils y amorcent des ateliers, des cours de danse contemporaine. Ici, seule la danse classique du Ballet Municipal est encore vivante, et uniquement en direction des classes aisées du haut Santiago. En 1985, le 16 juillet, ils s’installent plaza Brazil, l’actuel lieu de la compagnie et école, l’endroit est encore excentrée, peu sûr, mais c’est leur studio, le lieu où se retrouvent opposants politiques, artistes, intellectuels et étudiants. Un studio, une salle pou rdéjeuner ensemble, une salle pour les cours théorique, un petit studio au premier étage, un patio, et les toilettes, le tour est vite fait. Tout se joue ici.

En 1986 une bombe détruit les locaux, mais rien n’arrête l’art, dit-on. Ils continuent.

 

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Retour de la démocratie en 1989 (officiellement) : Espiral s’associe à l’Université d’Humanisme Chrétien, une université créée elle aussi par des intellectuels opposants.

Aujourd’hui Plaza Brazil dans les locaux d’Espiral, une multitude de gens se pressent. Musiciens, professeurs, danseurs, étudiants, élèves, enfants, chercheurs. Toujours cette même effervescence, cette même pauvreté de moyens qui donne une force et une conviction au geste, à la parole, à l’acte.

 

Ici nous travaillons avec les danseurs de la compagnie pendant un mois.

Ici aussi, Pina choisit de travailler sa dernière ouvre sur le Chili quelque chose à voir avec ses origines. sur le mur, on la voit en photo avec Véronica, l'intendante et 'Mama' des lieux.

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Mais quelle réalité de vie face à la notre. Tous les danseurs ont une activité extérieure au Ballet lui-même. Professeur à Espiral, professeur dans une des nombreuses universités qui dispensent des cours de danse, serveurs dans un restaurant, danseurs dans uneautre troupe. Et de fait les répétitions commencent à 17 heures pour durer jusqu’à 22 heures et même parfois plus tard. Le lendemain ils se retrouvent à la tâche, dès huit pour certains.

Le corps emmagasine, redonne et demande. Les corps se disent, se livrent et se racontent. Mêlés à l’œuvre de Claude l’association ne laisse pas indifférente. Quand le geste profond, engagé, sensible, personnel et intime rencontre cette demande, la réponse est forte.

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Le programme que nous avons imaginé avec Manuela (la directrice de Espiral et fille de Joan et Patricio)  est énorme : duo de Furtifs, les Philosophes, Les Indomptés et Murmures Insurgés (une petite création) seront suivis de la première partie de Folie.

Première le 16 novembre à Matucana 100.