Chaque matin se réveiller en se demandant comment on va pouvoir faire ne serait-ce que le premier mouvement. Où dénicher l’élan, le désir de bouger, de signifier ce que le geste à de plus sensible — entre sens et sensualité ? Où trouver la force de transmettre, de chauffer, d’échauffer, de passer, de toucher, d’émouvoir, de questionner, de présenter, de critiquer et de recevoir ? Recevoir ?

Pinparasol photo évidemment pas prise au Caire

Et la réalité est là. Parce qu'il s’agit effectivement du premier mouvement, le reste suit, les autres s’enchainent, logiques, inéluctables, pas faciles mais presque. Coulant de la source claire de ce premier mouvement si difficile parfois à sortir de la léthargie de la nuit. De ce petit retour au rien, de ce recroquevillé sur soi. Tiens ! Les mots ordonnent (mettent dans l’ordre et commandent) l’idée. C’est-à-dire que la nuit nous "chrysalide" et que nous  redevenons "papillon" chaque matin, transformation, métamorphose, autre moi, autre jour. Toujours difficile et heureux, superbe et déchirant.

 

Et se le rappeler l’un à l’autre, il faut de la volonté, des idées, de la force de proposition, des voyages, des chamboulements, de l’ouverture d’esprit, et toujours plus d’ouverture vers les autres.  Pour dans tout cela continuer à danser l’esprit et le corps ouvert, le don de soi, l’espace, l’air la terre et le feu réunis en une danse humaine et solaire.

 

Tu parles. J’y crois, tu danses, je m’accorde.

 

Continuer ce que création veut dire, continuer toujours toujours toujours à porter ça en nous. Braver les désillusions, elles ne le sont que parce qu’il y a eu illusion, et donc tromperie. Contrecarrer les envieux qui détractent, contredire les pièges de la pensée, les fatigues, les répétitions lassantes du quotidien, casser les murs qui s’imposent devant nous, rompre avec la facilité et la bêtise. Bref vivre. Passionnément. Intensément.

IMG_0691 Photo prise au CND