w.e. du 24-25 septembre

w.e. de marche. Et on marche ! Que de kilomètres bouffés, le samedi de San Telmo à la Recoleta, en passant par les ferias qui déballent leurs innombrables étalages sur le trottoir, cheveux longs, peaux burinées, mains à l’ouvrage, sourire toujours aux lèvres

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Dimanche prenons le train pour Tigre. Le train ! un RER Local et pourri aux sièges défoncés. Les fenêtres ne s’ouvrent pas et on étouffe, il y a un monde fou et en arrivant à Tigre on se retrouve à La Baule du coin, en plus populeux, plus sale et moins aérée. Tigre est construite sur le delta du Parana, sur de l’eau quoi, mais est-ce véritablement de l’eau. Ce qu’il en reste. Un cloaque noirâtre et visqueux sur lequel s’agglutinent quantité de bateaux, barcasses, kayaks, catamarans remplis de touristes bruyants. Des papiers jonchent le sol, les pelouses ne sont plus que des terrains de terre poussiéreuses. Tous les cinq mètres une guérite abrite une société de location de vélo, bateau, voyages à la carte, promenade en bateau etc… On marche et on se perd, et on rentre par le même train qui traverse la banlieue de Bs-As. Banlieue zone puis de plus en plus ordonnée, plus propre, plus petits pavillons.

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27 septembre

L’idée de la création prend forme, mais le stage lui continue et nous sentons déjà monter l'énergie vitale, volcanique. La question d’aider le maximum de danseurs tout en ne se laissant pas déborder par le sentimentalisme et l’affectif. Dur, dur.

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28 septembre

Claude crée un duo dans lequel ilsl se jettent sans retenue, confiants, fous et ivres. Pas forcément inimaginable au pays d’Eva Perón. Qu’importe le duo est superbe.

 

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Certaine décision sont  plus complexe à prendre, douloureuse des deux côtés, mais la création est forte d'elle même et ne se laisse pas intimider.

Enfin, l’audition est terminée et c’est aussi cela qui compte. Encore un rendez-vous vendredi avec Mauricio Wainrot du San Martin.

Et le samedi matin, juste avant de décoller pour Santiago, nous rencontrons à nouveau Nicolas le directeur du Cubo. Nous nous accordons en tout ; et même sur d’autres choses non évoquées l’autre jour. Ce type est beaucoup dans notre univers, nous avons ce désir d'un art non conventionnel, qui sortirait des sentiers obligatoires tout en n'oubliant pas un public avide de saisir dans les corps dansants la complexe humanité.Immense programme !  Entente, compréhension, professionnalisme, tout est là, sensible, la mémoire alerte, l’art comme mode de vie. Chouette, c’est le genre de rencontre que l’on ne fait pas souvent.

Le vol pour Santiago est magnifique et la traversée des Andes inouïe, survolons Santiago avant l’atterrissage. À l’aéroport Manuela, Marcello et Teresa nous attendent. La soirée s’achève chez Teresa.

Les prochaines semaines seront bien remplies.

Courte nuit avant de prendre le bus pour Valparaiso. La ville est toujours aussi envoutante. Multiple facette qui s’étendent sous le soleil d’été, chaud très chaud. Les rues en pentes que l’on arpente, les murs de couleurs, le dédale des escaliers et des impasses, des corridors, des couloirs, des ruelles, des sentiers, des égouts, des trottoirs, tout s’emmêle et se démêle. Le souvenir ne permettait pas la déception.

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Mais l’université ARCIS n’existe plus, Ici comme ailleurs le gouvernement conservateur frappe dur. Il n'y a qu'à voir les manifestations étudiantes dans la rue, les banderolles, les graffitis, tous protestent, seront-ils entendus ?

 

Les danseurs se sont organisés, Rodrigo et Teresa en chefs de file efficaces pour trouver un autre lieu. Nous sommes en haut du Cerro Bellavista juste, tout juste derrière la Sebastiana, la maison de Pablo Neruda, un théâtre qui fut magnifique, dont les lourdes tentures de velours rouges restent encore en lambeaux par endroit, dont le plateau fut arpenté par les âmes divagantes des artistes Porteños (car ici aussi comme de l’autre côté du continent ont les appelle Portéñõs). Une trentaine de danseurs, étudiants, élèves, entre jeunes filles et danseuses averties, quelques hommes aussi se faufilent et s’étirent sur le sol.

La barre au sol peut commencer. Nous nous sommes installer dans la salle, à même le sol qui se révèle être un plancher flottant, incroyable, mais vrai. Et l’alchimie se fait encore son chemin entre les corps et les corps entre désir et obéissance que nous combattons. Oui, car il faut toujours combattre l’obéissance. Obéir est contraire au désir, à l’énergie, à la vie. Obéir est contraire à l’art. Écouter, partager, se mouvoir dans la peau de l’autre, saisir sa proposition, suivre ses informations, ses gestes, ses ouvertures, comprendre sa philosophie, là est ce que nous tentons encore une fois de transmettre. Et, ma foi, des étincelles surgissent ça et là. Ça mérite bien un petit pisco sour sur une terrasse là-haut, tout là-haut perché au dessus du Pacifique.

Nos vacances ont fondues comme neige au soleil, mais le bonheur se lit dans les yeux émerveillé et cela n'a pas de prix.

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