La pluie ayant laissé la place pendant quelques minutes les danseurs ont investi le terrain et pris possession de l'espace des tables. Festin.

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Amateurisme ! le terme prend souvent —si ce n'est toujours — une conotation péjorative. La preuve du contraire a été démontrée hier. Vingt danseurs que Julien, Elisabetta,Vincent, Claude et moi-même acccopagnons depuis décembre dernier on pris le Festin en charge.

 

Quelle charge ! du rituel d'ouverture au paquet de corps amassés qui se construisent une tour de membres et de bustes, de têtes et de poils, de l'étalage sur les tables, de l'offrande à la présentation, du don de soi, à la communauté d'ensemble, il semble (et plus que cela même) que le propos a touché. Le public comme les danseurs s'évadent et d'envolent.

L'émotion tient dans l'immenstié du trajet effectué. Depuis l'entrée en matière dans une danse que la plupart méconnaissent, jusqu'à l'imersion dans un monde que chacun se construit et redonne, distribue. Une énergie qui se découvre, jusqu'alors cachée, rentrée, parfois censurée, elle explose en plein jour. La folie, la déchirure, le partage, le toucher, l'attraper, le bouffer et l'orgiaque. Transgresser les interdits dans une danse qui révèle ce que le monde cache tout en cherchant en permanence.

 L'interdit se fraie un chemin sur la scène composée de tables, étals, trétaux, métal et bois se mèlent. Un possible que l'on avait oublié tant on l'avait enfoui derrière les décombres de nos moralités étroites s'expulse et se plaque. Le corps existe. Ou i! dans un grand cri de jouissance exacerbé et extatique. Le corps, ce morceaux de moi que j'écrase sous les "il-faut" sous les "on-doit", sous les couvertures sociales et bien pensantes ; Le corps dans lequel, j'habite et je vie, ce corps qui pense et qui parle, qui aime et qui le montre. FESTIN de gestes inassouvis de vivre, de goûter, de saliver, de lécher et d'apprendre, de prendre et de toucher, de donner et de redonner. FESTIN.

P.S. regardez l'album photos.et à lire dans Fragil.