Retour à Artigues près Bordeaux. Installé au Cuvier de Feydau, centre de développement chorégraphique d'Aquitaine nous (Claude et Benjamin) reprenons avec un groupe de 18 danseurs amateurs un petit extrait de Folie.

Cependant, un "petit" extrait de Folie, reste une émanation de Folie. Et l'ampleur de l'œuvre s'impose. Amateurs ? Professionnels ? artiste? quid de ces labels qui ne font pas toujours la part belle des concepts. Certes les corps parlent avec plus ou moins d'intensité, l'endurance, la résistance, l'imaginaire, la matière même du mouvements ne s'acquiert pas en une semaine. et la différence existe.

Et pourtant, et… pourtant oui, on voit naître chaque jour la force de ce Folie que nous portons depuis vingt ans, et qui semble ne pas pouvoir ou ne pas vouloir s'arrêter. On la voit pointer au fond des bras, surgir de sous la peau, émerger, s'extirper d'un sol de danse qui se transforme en une terre de vie. On serait tenté de penser que la pièce s'inscrit malgré soit, au-delà de l'individu. Mais les différences existent, et se lisent comme sur un livre ouvert. L'investissement dans la danse ne connait pas le mensonge et l'individu porteur de son énergie, de sa vitalité dans laquelle se transmet la pièce est maître à bord. Ici, l'individu s'inscrit dans la foule, il s'y noie, s'y perd, s'y mêle profondément pour réapparaitre autrement.

Comprendre, appréhender le geste avec sa propre expérience, son vécu, et le rendre absolu, moins égotique. Le redonner avec ce regard sur l'humanité que traduit l'artiste. Le travail est d'ampleur, il part du groupe, il parle de groupe, recherchant presque l'état tribal, le toucher, l'être avec et ensemble sans se copier, sans s'imiter. le pari est intense.

Regard du public sur ce voyage au pays des amateurs de Folie, Jeudi au Cuiver de Feydeau (33) et vendredi à Floirac (33)

 amateursdeFolie