Marrakech, le plateau et  l'Institut Français, on prépare les Duos pour la soirée.

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Liberté, Liberté ; quelques fleurs sur des chaises, des pétales sur le sol, et un air de musique qui donne envie d'être libre. en sommes nous capables aujourd'hui dans la multitude des enchaînements que nous nous imposons?

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Arrive février. Je file à Lyon au CNSMD pour y voir le travail des rameurs que remonte Marie-Françoise Garcia avec ses étudiants de deuxième année. Présentation les 11, 12, 13 nous ne pourrons pas y être. Le travail que j’avais déjà vu en décembre n’a pas trop perdu de sa tourmente. Mais enfin Folie étant Folie, il faut redonner et redire ces mots qui aident, qui traversent, qui autorisent la folle démence du corps. J’arrive exténué par ce mois qui s’achève, presque inquiet de ne pouvoir trouver l’énergie nécessaire à transmettre cette danse. C’est minimiser la puissance de Folie, cette pièce a un pouvoir autonome, elle m’emporte, me transporte, je m’explose en elle et je les sens complètement happés, engloutis dans sa matière de chair et de terre, de toucher et de déchirement. On ne peut y échapper.

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Est-ce le bouche à oreille, est-ce les vingt ans de Folie, Véronique Redoux reprend le même extrait avec ses élèves du CNR de Nantes. Véronique a dansé Folie pendant dix-huit ans, avec moi, avec nous tous, Marie-Françoise et elle étaient à la création, Marie-Françoise est partie sur d’autres voix, Véronique est restée avec cette folie dans le corps. Corps contre corps. A-t-elle besoin de ma présence ? J’y vais nous avons ça en commun, une vie. Et c’est la même sensation d’être aspiré par la pièce.

À peine fini, il reste à faire deux cents kilomètres pour rejoindre Guingamp où nous donnons Les Duos à nouveau. Un public néophyte découvre une certaine danse contemporaine, et nous découvrons un nouveau coin de la Bretagne.

À Périgueux, il neige, je descends y donner une conférence dansée avec un public hétéroclite, des élèves de collèges, des lycéens, des adultes, tout cela crée une atmosphère étrange dans laquelle les questions ont du mal à trouver leur envol. L’après-midi je donne un atelier pour une quinzaine personne. La compagnie me rejoint et le soir nous avons une répétition pour le spectacle du lendemain.Belle journée.

Nous dansons Argan, un scolaire et un tout public. La rencontre avec les enfants est mignonne avec ce petit gamin qui répond aussi sec à toutes les questions de ces camarades. Il a vu le château et les avares, il y a entendu des langues inconnues que Claude crie en début de représentation, comme autant de mots incompréhensibles qui seraient dits « pour nous faire penser ». À huit ans c’est joliment dit.

Et puis c’est le retour à Nantes pour la reprise du Prince de Verre. Quelques hoquets perturbent la première semaine. La danse a ses raisons et le corps l’apprend parfois avec un certain délai.

16 février : Atelier au lycée Bascan élève de seconde première terminale. Fidélité de Yann, leur prof.

17 février Claude à Antony avec un groupe de professeurs des écoles dont certaines suivent notre travail depuis longtemps, très longtemps même.

Pendant ce temps : à Nantes ; les danseurs reprennent le rôle de Matthieu pour Martin et Benjamin à Bordeaux donne les derniers conseils aux six danseurs des Étreintes Brisées : Roman Mikhalev et Juliane Bubl ; Vladimir Ippolitov et Emilie Cerruti ; Ludovic Dussarps et Laure Lavisse

18 février Paris ;

Barbara atelier porte de St Ouen avec des maternelles. Benjamin et Claude dans une salle du conservatoire de musique du Vème arrondissement dirigent un atelier avec neufs adolescents difficultés mentales, trisomiques et autistes. du lycée Monod. Les responsables Frédérique Meslier et Marielle sont absolument partante. Le moment est très puissant, l’écoute prenante. Et comme toujours (enfin presque) les corps parlent. Un autre monde s'ouvre à eux et à nous.

L’après-midi dans une école du XIIIème, vingt-cinq enfants de CM2 participent à un atelier avec toujours Claude et Benjamin. En guise d’accueil ils nous montrent leur chorégraphie. Ils sont éveillés, imaginatifs et plein de possibilités. Coordinatrice Michèle Magnin. nous partons en voyage avec eux, le gymnase est oublié.

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20 février : hop ! c’est reparti au CCN pour la répétition du Prince de Verre  ; mauvaise journée, c’est un peu perdu tout ce qui était si lumineux il y a une semaine. Avec quelques paroles et de l’esprit la lumière revient.

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Chaillot, enfin le plateau, les décors, les costumes qui arrivent au compte-goutte, les musiques qui se déterminent, l’espace surtout qui nous happe. La ligne droite cette fois-ci. Plus de coupure d’ici le 10 mars, jour de la première.