RENOUVELLEMENT ccn de Nantes
14/05/2012 18:00
Renouvellement de Claude Brumachon et Benjamin Lamarche à la direction artistique du Centre chorégraphique national de Nantes
Le ministère de la Culture et de la Communication, annonce le
renouvellement de Claude Brumachon et Benjamin Lamarche à la
direction artistique du Centre chorégraphique national de Nantes
Quinze artistes ont répondu à l'appel à candidatures organisé pour le
renouvellement de la direction artistique du Centre chorégraphique national
de Nantes.
Suite à l'audition des candidats sélectionnés le 9 mai, en accord avec la ville
de Nantes, la région Pays de la Loire et le département de la Loire-
Atlantique, le ministère de la Culture et de la Communication, annonce le
renouvellement de Claude Brumachon et Benjamin Lamarche à la direction
du Centre chorégraphique national de Nantes.
Après des débuts aux Ballets de la cité de Rouen, le danseur-chorégraphe
Claude Brumachon a bâti pas à pas un répertoire unique, auquel il a associé
à partir de 1980 le complice de toutes ses créations, Benjamin Lamarche.
Claude Brumachon signe ses pièces d'un engagement physique à la
frontière de l'épuisement, où les éclats de vie succèdent aux collisions.
Ce répertoire est constamment ré-investi et diffusé par le Centre
chorégraphique national de Nantes autour de ses danseurs permanents.
Présenté dans le monde entier, il est aussi bien transmis à des ballets
prestigieux qu'à des groupes d'amateurs, en France et à l'international.
Fondateur du Centre chorégraphique national de Nantes en 1992, Claude
Brumachon a conçu avec Benjamin Lamarche un projet en pleine continuité
pour les trois ans qui cloront leur direction de cet établissement, fin 2015 :
large diffusion du répertoire de la compagnie, transmission de pièces
chorégraphiques à travers le monde, réalisation d'actions au plus près des
territoires et notamment par la création associant des publics handicapés.
Le ministère de la Culture et de la Communication félicite Claude Brumachon
et Benjamin Lamarche pour la force de leur direction tout au long des
années passées et la vivacité de leur créations auxquelles il souhaite un
plein rayonnement.
Publié le 14/05/2012 à Paris
Le même jour que la Nomination de Jean-Marc Ayrault à Matignon, quel symbole. Unissons donc nos forces !
le mois d'avril s'en est allé, le moi de mai est arrivé !!
Hôtel Safir, Le Caire, 23 avril – 3 mai 2012
On pourrait penser quelques fois à rester là, dans un jardin fleuri. S’asseoir pour regarder l’arrivée des premiers martinets, s’ouvrir les jonquilles et ne penser à rien. Se laisser ondoyer dans une méditation, une divagation des sens, sans autre désir. Errance irréalisable que je ne réalise pas.
Nous repartons, nous repartons toujours.
L’avion, puis l’avion encore. Arpentant des aéroports internationaux qui se ressemblent tous, qui proposent les mêmes produits multicolores et multifonctionnels, payables en devises et obsolètes demain matin. La mondialisation est une moisissure rampante qui envahit chaque interstice urbanisé. Tout tend à se ressembler dans ces supermarchés de la transition. Les saveurs particulières, idiotiques, régionales, géographiques … la différence des odeurs, des couleurs, des charmes devient produit manufacturé et facturé. Celle des sonorités reste encore dans les voix suaves et rauques, chantantes et ruisselante, syllabes incompréhensibles des mille langages de Babel, heureusement.
Le trajet aérien nous transporte dans le temps en survolant les îles grecques, les Cyclades, les Ikaros, Lesbos, Mykonos et Rhodes. Monticules de pierres sèches émergeants d’une eau bleu et impassible. Une sérénité qui contraste rudement avec l’arrivée au Caire. Cet entassement de cubes de terre émaillés de fenêtres et striés d’artères encombrées elles-mêmes par un flot de voitures. Un flot ? Un boudin, un encombrement, une congestion, une constipation.
Lorsque le chauffeur trouve devant lui quelques kilomètres libres il les enfile à 130 kilomètres/heures quelques que soit le nombre de passants, de voitures, de nids de poules d’obstacles.
Hôtel Safir, gros hôtel international sans réel intérêt. Lorsque l’intérêt des tournées se résume à la description de l’hôtel, il est temps de se poser des questions.
Le soir nous assistons à la représentation d’un spectacle de Carolyn Carlson : Short Stories/Island. Trois solos qui se succèdent. Le premier « Immersion » dansé par Carlson elle-même. Est-il encore besoin de décrire Carlson dansant, dans ce corps longiforme, longiligne, au mouvement incessant qui semble dire la danse. Dire : » je danse et je suis les bras, le dos, mouvement incessant qui m’habite. » Une sorte d’ode à l’aquatique, un peu prêtresse saoulée par l’élément eau, l’élément air, l’élément scène. Les deux autres solos sont dansés par Céline Maufroid et Sara Rosselli "Wind Oman" et « Mandala ». Continuant cet ode à la danse dans ce qu’elle comporte de féminin et de révélateur. LE terme révélateur pourrait alors être pris comme ce liquide que nous utilisions pour développer les photos avant le numériques. Je plonge dans le liquide danse et se révèle une image invisible jusqu’alors.
Bon, mais je ne puis me transformer en critique de danse. Loin de moi cette prétention.
26 avril
Il ne fait si chaud au Caire et d’ailleurs on s’en contrefiche, le temps ! Le temps s’écoule et les classes aussi. La première rencontre avec le groupe de danse contemporaine est souvent un choc. Peut-être peut-on parler de choc culturel ? En tout cas, ce groupe tout récemment constituer suite à la révolution, s’initie —oui, je crois qu’on peut le dire comme ça sans erreur — à la danse contemporaine. Du moins à la notre alors qu’ils se retrouvent propulsés dans l’énergie vitale de Brumachon-Lamarche. Trouver les mots, trouver les gestes ensemble, ce qui reste de l’atteignable ce que nous n’aurons pas aujourd’hui. Tenterons demain. On se donne, barre au sol, extraction du sol, qualité et matière se travaillent mais parfois se cachent si loin. Et puis une certaine irrégularité des participants qui nous empêche chaque fois d’aller plus loin. Ils sont vingt quatre dans le groupe, mais il y en a toujours trois qui manquent. Les yeux écarquillés, le corps en attente, trop d’attente, discours sur la vie, sur l’énergie première, sur la nécessité de la danse. Le groupe se soulève, s’arrache à sa torpeur, autre temps, autres corps, loin, loin de nous et si proches. On s’accroche, on s’attrape, on sourit. Et puis trois, quatre, six d’entre eux explosent soudain, lumière, étincelle. La sensation que l’effort porte, apporte, construit.
De leur côté ça cogite, ça tente, ça tente de s’approprier, il faut compter sur le temps. Le temps, la patience.
Attendre tout en donnant de soi-même. Faire attention à eux, à nous, ne pas demander plus que possible mais demander plus que ce qu’ils pensent pouvoir donner. Élever. Donc continuer la barre au sol, les barils, le travail à deux, le toucher, l’écoute, dénicher l’énergie là où elle se trouve.
Et puis marcher dans Le Caire, ce qui n’est pas réellement une activité à la poésie tranquille. La ville n’est pas à proprement parler propice à la déambulation ou au rêve, voitures, voitures qu’avez-vous fait pour polluer et bousiller le monde à ce point là. Et ici c’est terrible, le piéton n’a que le droit de se faire écraser. Traverser les larges avenues est une gageure sauf lorsqu’il y a un bouchon — il y en a beaucoup.
Visitons le musée du Caire. Énorme bâtisse rose saumon dans laquelle s’entassent sur deux étages une multitude, une profusion, d’objet d’antiquité égyptienne, depuis la première dynastie jusqu’à l’époque grecquo-romaine c'est-à-dire au début de notre ère. Il s’écoule dont presque 2500 ans et des sarcophages, des amulettes, des momies, des chars, des statues, des statues et encore des statues, de dieux, de pharaons, de déesse, d’êtres humains, d’animaux — qui sont parfois des dieux. Des objets de cultes, des objets de la vie courante, des sceptres. Il me manque la connaissance de tous les noms, de tous les évènements, les dynasties et les règnes cependant pour m’accrocher complètement cette fascination que j’ai pour la civilisation grecque ou romaine. Nous regardons, je lis parfois les notes qui s’éparpillent ça et là en anglais, en français. Les noms des pharaons évoquent quelque chose, un lointain appel. Il y a tant de chose à comprendre, à apprendre, à savoir, à retenir. Et dehors le présent qui frappe du pied dans la poussière du désert.
Et puis il y a le stage en fin d’après-midi et nous rentrons.
27 avril
Visite du Caire.
À force de marcher sur des trottoirs gris, d’éviter des centaines de voitures, de nous tracer un chemin un peu à tâtons dans cette ville inconnue, nous arrivons au souk, Khan El Khalili. (On me rétorquera que je tombe là où le touriste s’affiche, mais il faut bien commencer par quelque part, pour goûter la ville doucement et se fondre dedans — ou pas). Nous y trouvons la vie, les couleurs, le dédales de boutiques, d’échoppes et de marchants, de petites terrasses, de mosquées. Ah ! La magnificence des petites mosquées isolés, pierres entassées, plafonds de bois où les hommes dorment à poings fermés, les femmes papotent, les enfants crient et jouent.
Le souk nous réconcilie donc avec la ville.
Ou bien nous errons émerveillés (terme à prendre dans son acception exacte et littéraire) dans le Caire islamique, vieille ville superbe et sans voiture ou pourrait-on dire superbe parce que sans voitures. Les mosquées pullulent, magnifiques, intérieur du XIVème, du XVème, du XVIème etc… grande voute, tapis vert, minarets. Calme. Les hommes roupillent lorsqu’ils ne prient pas. Dehors la rue, les moucharabiehs de bois finement ciselés, les façades pourries, les détritus et les palais se côtoient comme d’anciens amis sans faille. Où chacun tente de te prendre quelques piastres. Sur la grande place nous cédons tout de même à l’arnaque touristique du mauvais repas. Mais le souk, le Khan El Khalili ne se résume pas à cela et s’y promener est une source de trouvailles, d’émerveillement d’étonnement et de rires.

Rentrons à pied en empruntant la rue El Azhar (??).
L’histoire du Prince de Verre transporté par la foule dans le marché aurait pu être écrite ici, dans la rue qui mène du Khan El Khalili à la grande place dominée par un général Mamelouk. Je ne retiens aucun nom et heureusement que Claude a le sens de l’orientation parce qu'il faut avouer que je me serais peut-être retrouver à l’opposé.
Insensé. La cohue serait un terme bien trop édulcoré, la pagaille non plus ne correspond pas, il y a un certain ordre des choses dans cet amoncellement, cette profusion d’étals et de boutiques agglutinés de part et d’autre de la rue. Rue dont on ne voit même plus le macadam engloutit sous les pieds du monde. Un monde ahurissant, bousculant tout sur son passage. Personne ne fait attention à personne, la loi du plus culotté gagne, je passe, tu ne passes pas. Que dire lorsqu’il faut traverser une rue avec sa circulation. Klaxon et accélérateur sont les deux seules manettes existantes. Là oui, le mot pagaille serait de mise. Une pagaille inextricable de voiture défoncées, égratignées, parfois tout juste une carlingue, parfois auto rutilante et neuve, vitres teintées, taxis, camionnettes bondées de monde ou surchargées d’une montagne de trucs étranges allant de cinq canapés à trente six malles, des ballons, ou des caisses de bouteilles ou tout ce qu’il est bon de transporter et de vendre. Car vendre est le maitre mot. Les marchands, appelons-les comme ça, eux, s’intéressent à vous. Il y en a un qui résume parfaitement la situation en disant « français ? Ah ! Comment je pourrais prendre ton argent ? » Merci pour la sincérité.
Dans cette rue infinie de El Azhar, la laideur est de mise. Des fringues cheaps s’alignent les unes après les autres, des djellabas kitchs, des dessous à trois sous, des slips, des chaussettes, des burlas, des foulards synthétiques, des pantalons, des shorts, des robes de mariées comme vous n’en aurez jamais vues, des meringues roses ou blanches, des costumes d’hommes, et parfois une boutique de coiffure, une pharmacie sortant d’un autre âge, ou une dizaine de boutique de téléphones. Et toujours la cohue de monde, mêlant pêle-mêle, on me pardonnera ce pléonasme, femme voilée et homme en tee-shirt, on voit quelques fois un débardeur, quatre européens, femmes en tchador, burka ou cheveux lâchés, gamins, adolescent, noir, asiatiques, blancs, et toutes les teintes intermédiaires se juxtaposent. Quelque carriole tirée à la main se frayent un chemin, mais lorsqu’elles doivent se croiser le pugilat éclate immédiat et se calme de même.
Continuons notre marche puisque les taxis vont de toute façon moins vite et, je l’ai déjà dit dans ce blog même, découvrir une ville ne se fait qu’à pied. Rejoignons donc la place Tahrir au centre de laquelle trônent quelques stands, des tentes, des panneaux contestataires, des vendeurs de flottes et de soda et pas mal de monde, mais rien à voir avec l’empilement de la rue de tout à l’heure.
Retour à l’hôtel où il nous faut patienter jusqu’à demain soir pour notre cours. Amen.
Stage Trielle
Le prochain stage à Trielle aura lieu la dernière semaine d'août.
Nous travaillerons sur Ashbury. la dernière création. Espace, concentration idyllique, nature de l'homme et nature mêlée et emmêlées. Rien ne vient troubler l'échange et la transmission dans cette ferme studio posée à même le sol, d'où surgit la danse.
Le Caire, pensées matinales
Chaque matin se réveiller en se demandant comment on va pouvoir faire ne serait-ce que le premier mouvement. Où dénicher l’élan, le désir de bouger, de signifier ce que le geste à de plus sensible — entre sens et sensualité ? Où trouver la force de transmettre, de chauffer, d’échauffer, de passer, de toucher, d’émouvoir, de questionner, de présenter, de critiquer et de recevoir ? Recevoir ?
photo évidemment pas prise au Caire
Et la réalité est là. Parce qu'il s’agit effectivement du premier mouvement, le reste suit, les autres s’enchainent, logiques, inéluctables, pas faciles mais presque. Coulant de la source claire de ce premier mouvement si difficile parfois à sortir de la léthargie de la nuit. De ce petit retour au rien, de ce recroquevillé sur soi. Tiens ! Les mots ordonnent (mettent dans l’ordre et commandent) l’idée. C’est-à-dire que la nuit nous "chrysalide" et que nous redevenons "papillon" chaque matin, transformation, métamorphose, autre moi, autre jour. Toujours difficile et heureux, superbe et déchirant.
Et se le rappeler l’un à l’autre, il faut de la volonté, des idées, de la force de proposition, des voyages, des chamboulements, de l’ouverture d’esprit, et toujours plus d’ouverture vers les autres. Pour dans tout cela continuer à danser l’esprit et le corps ouvert, le don de soi, l’espace, l’air la terre et le feu réunis en une danse humaine et solaire.
Tu parles. J’y crois, tu danses, je m’accorde.
Continuer ce que création veut dire, continuer toujours toujours toujours à porter ça en nous. Braver les désillusions, elles ne le sont que parce qu’il y a eu illusion, et donc tromperie. Contrecarrer les envieux qui détractent, contredire les pièges de la pensée, les fatigues, les répétitions lassantes du quotidien, casser les murs qui s’imposent devant nous, rompre avec la facilité et la bêtise. Bref vivre. Passionnément. Intensément.
Photo prise au CND
voyages
Invitation surprise à Saint-Pétersbourg.
Jiri et Otto Bubenicek, l'un danseur étoile à Dresden, l'autre à Hambourg, mais tout deux frères jumeaux dansent les Indomptés depuis neuf ans déjà. Mais un rafraîchissement des énergies positives, des intentions humainement animal ou l'inverse, un rappel de corps à corps, un appel de danse se faisait sentir. La dernière fois que nous nous étions vu date de 2005. On oublie, même avec la meilleure volonté du monde, les particularités qui font les danses.
Je me retrouve donc au Marinsky (on ne dit plus le Kirov, mais il s'agit là du même théâtre). Moi (!) le danseur contemporain par excellence (n'inverser pas les mots), le chantre du corps sans école, sans entrave, du corps offert, criant ses aspirations, ses faiblesses et ses fragilités, ses doutes et ses certitudes incertaines, je suis là, dans cet écrins de la danse la plus classique, la plus académique qui soit. Leçon de tolérance et de compréhension, d'échange et de passage.
Couloirs gris, studios d'où s'échappent des notes de piano, des vocalises, personnages insolites croisés dans l'escalier, ténor impressionnant (mais qui ne me voit même ^pas) dans l'ascenseur grinçant. Danseurs qui se plie, qui développent, qui grand battement dans le recoin d'un studio au cinquième étage. Un petit auditorium dont la scène est envahie d'éléments de décors. Il y en a pour toutes les sauces. Un fourbi qui a du voir octobre 17.
Et puis je retrouve Jiri et Otto. Je me suis levé à 5 heures du matin, l'avion, l'escale, le transfert, le théâtre et … la danse. A peine arrivé les Indomptés prennent la place. Il n'y pas d'attente, ce premier mouvement nerveux de la man qui égouttent ses doigts, appelle le suivant qui incontinent est suivi du suivant. La musique d'une danse impérieuse me prend. Nous répétons.
Et ils repartent aussitôt vers un autre studio dans lequel ils répètent autre chose.
La rue, le froid, je traine ma valise dans des rues inconnues, tellement inconnues. Je déchiffre à peine, et avec peine, l'alphabet cyrillique. Traverse un canal gelé, arrive dans une zone désolée, immeuble pourris, poussière, désert. Et trouve un hôtel dans lequel je peux, enfin, poser.
Deux jours de répétition au Marinsky et un gala au théâtre Oktyabrskiy. En fait de gala je me retrouve propulsé parmi les grandes étoiles du classique, du flamenco et un groupe de danseurs américains les Bad Boys of Dance. Les Bayadères et corsaires, les codas et les fouettés, les tours en l'air et les virevoltades se succèdent, se suivent et se ressemblent toutes. Un très beau duo de flamenco casse un peu la farandole de tutus et de collants et les Indomptés proposent une danse étonnante, insolite. Hors du commun.
Et puis surprise il y a remise de prix. Mais tellement persuadé qu'aucun prix ne saurait échoir à cette danse hérétique que nous avons proposé je discute évasivement avec un danseur retrouvé ici. Le monde de la danse est petit. Lorsque j'entends Jiri et Otto Bubenicek, prix du meilleur duo.
A y réfléchir, il y a une forme de logique et de justice ici. Les Indomptés : le duo par définition. le duo par la danse, le duel intime, être dans la danse de l'autre par le senti, le ressenti, le chant du monde et ne danser que parce l'autre m'y autorise, m'y invite, m'y pousse, m'y appelle. Sortir de soi pour répondre à l'autre. Ne bouger que lorsque l'autre bouge. Je suis l'autre.
[Ashley Bouder et Daniel Ulbricht (New York City Ballet), Isabelle Ciaravola et Matthieu Ganot (Paris Opera Ballet), Yonah Acosta (English National Ballet), Jiri Bubenicek (Dresden Semper Oper Ballet) et Otto Bubenicek (Hamburg Ballet), Maria Eichwald et Filip Barankiewicz (Stuttgart Ballet), Dinu Tamazlakaru, Iana Salenko et Marian Walter (Staatsoper Berlin), Elena Algado et Miguel Angel Corbacho (National Ballet of Spain), Joseph Gatti (Boston Ballet), Ivan Vasiliev (Mikhaïlovski Théâtre), Denis Matvienko (National Opera et Ballet Theatre de l'Ukraine), Anastasia Matvienko (Mariinsky Théâtre) et les autres. ont participé à ce gala]
Ensuite de quoi nous décollons chacun pour une direction lointaine. Les jumeaux partent à New York et j'atterris à Cannes où je rejoins Claude et les danseurs pré-pro (toujours cette nomenclature étrange qui désigne des étapes d'une vie de danse). Hacène y a remonté Foudre, une pièce que nous avions créée l'année dernière.
Là encore redire la passion qui nous habite et partager avec tous l'intensité d'un désir qui explose. La danse est belle, l'esprit de groupe émane. Là toujours dire et redire que l'ego n'est pas le but. Redonner la force du groupe, de l'écoute, du déchirement : cette qualité fusée qui surgit hors de soi, s'échappe, s'offre et brise le carcan solide de la non communication. Foudre est une pièce taillée sur mesure,
Foudre, une errance, un coup de foudre, un sonnet pour quatre danseurs et
Deux danseuses. Créer pour eux, avec eux, un échange hors de mots.
D'où surgit tel un éclair qui raye la nuit, la poésie des corps qui vivent.
Une création pour six danseurs du Cannes Jeune Ballet, autour de
L’électricité violente qui prend sa source dans l'impétuosité du groupe. S’emporter dans un mouvement immédiat,
Quelque chose de l’ordre du non-analysable, un geste à prendre en soi, dans
Soi avec l'autre.
Un éclair sauvage dans les cieux, zébrant,
Tranchant. Romantisme. Une pièce rapide dans l’énergie de l’écriture, libres.
Rebelle et turbulente dans le corps même, attrapée.
Gestes déchirant l’espace, duo magma, matière et portés. Vivre la création
En direct dans cet entremêlement des corps. Une danse acrobatique et ciselée
Mouvements secs et sensuels et tourmentés.
De fait entre l'élève et le danseur un océan s'étend ; le traverser ouvre le
Risque à la noyade, au coup de foudre.
photo de l'année dernière désolé. Pas eu le temps d'en prendre cette fois
Et puis repartir.
La route. La maison un instant. Et repartir. parce que la danse est mouvement, que le monde est vaste et qu'il y a urgence à dire que nous devons vivre nos corps et nos les contraindre, les formater, les éduquer, les pressionner, les inculquer.
Lundi ; c'est le Caire.
Paris-Musée Bourdelle
Pas d'impatience, je reviendrai. je retournerai un jour prochain dans ces pages éléctoniques, narrer la danse qui m'emporte. Compter les voyages géographiques et les envolées physiques, exulter les échanges, exsuder les paroles qui surgissent du geste. Je reviendrai mais pas tout de suite.
Sans doute me faut-il encore un peu de temps pour reprendre goût à la lenteur des choses, laisser le fils épais des évènements tracer dans son lit la lente course d'une vie rempllie. Trop de monde, trop de vitesse, trop d'écrits imposés, trop de don de soi parfois nous laisse vidé et sans voix. Sans voie. Sans voir.
Aveugle est sourd, muet et illéttré. Le corps seul conserve sa verve et sa puissance, son désir et son appartenance sans faille à cette turbulente et passionnante addiction.
Un rappel, un appel cependant : Nous serons prochainement à Paris.
AU MUSÉE BOURDELLE : rue Bourdelle Paris XIVème
document à télécharger : Représentations_Bourdelle
Du 6 au 9 juin 2012 à 21 heures nous danserons ÉCORCHÉS VIFS
Création 2003 que nous avons déjà donnée dans ce cadre exceptionnel du Musée, mais que vous nous avez réclamée. La voici donc à nouveau.
Et du 12 au 16 juin à 21 heures nous donnerons la dernière création déambulatoire de Claude Brumachon.
OPULENCES TRAGIQUES créée au Musée des Beaux Arts de Nantes en juin 2011, lors de l’exposition « Le théâtre des Passions ».
Les réservations sont dors et déjà ouverte au CCNN 02 40 93 30 97
ou à l’adresse suivante : ccnn-resa@orange.fr
ATTENTION !! PENSEZ À RÉSERVER : 60 PERSONNES PAR REPRÉSENTATION !!!
MOBILISATION
MALGRÉ MON AVIS DE SILENCE POSTÉ IL Y A QUELQUES JOURS / PEUX PAS ME TAIRE SUR CE SUJET LÁ :
Je sais que dans notre région, ce n’est pas une date idéale car c’est la fin des vacances scolaires.
Mais cette date correspond à la fin de la cession parlementaire où sera débattu le collectif budgétaire .
Les chiffres annoncés sont catastrophiques :
Vont être touchés les collectivités territoriales, l’audiovisuel, le patrimoine (pour moins 21 millions d’euros), le livre (moins 11M), les lignes à l’international (moins 6,25M), la recherche et l’enseignement supérieur (moins 222M d’euros !!!). Et, nous concernant encore plus directement, moins 3,5 millions sur le programme création ; et surtout moins 9,5 millions d’euros sur le programme concernant la transmission des savoirs (ce qui va affecter les DRAC de plein fouet et suspendre bien des financements accordés aux acteurs culturels).
Côté manifestation, un rendez-vous devant la DRAC le vendredi 24 février à 10h est prévu.
Est-ce que vous en seriez ? Est-ce que vous pensez pouvoir mobiliser vos amis, copains, colatéraux ?
A bientôt
UNE PAUSE
Arrêt momentané des écrits et autres pensées

je reprendrais le cours de la vie blogguiste, la course de la vie écrite, les signes, les chroniques et les messages aux alentours du 15 avril.
Tenez le coup ce n'est pas si long que ça.
si vous n'en pouvez plus ; venez nous voir danser,
ça, ça ne s'arrête jamais.
ou relisez les pages précédentes, il y a toujours beaucoup à trouver dans les intersitces, entre les mots, entre les lignes, dans les son inaudits, dans page que l'on a lu trop vite.
Ashbury
Ashbury : La rue, les photos, la révolte, les images, le libre qui s'envole, les couleurs, l'amour qui s'ouvre, les senteurs, la fumée qui s'étire, les odeurs, le Non qui se rit, le oui qui crie. Révolte. Contre. Contre l'absurdité d'une vie tracée, obligatoire, puritaine et racée. Non, ça ce dit et ça se vit, jusqu'au oui, communautaire et collectif. Jusqu'au groupe, jusqu'à l'autre.
La musique se danse, se vibre se tréssaute dans les fibres musculaires, dans les globes occulaires, la peau s'évente, s'aère, se dénude et s'affiche. 
Pour ! Pour le libre arbitre, pour l'amour libre, ouvert, ensemble, pour écouter les sonorités nouvelles, les idées autres, les sens interdits, les sens inaudits, les sens inouïs. Pour être. Etre là, être soi et être l'autre, avec lui et en elle, avec.
Tout simplement.
Ashbury St.
les photos sont de Denis Rion
Un lien intéressant
Un magazine video sur Danse Emoi.
On y voit Phobos entre autres chorégraphies et chorégraphes qui partagent ce moment intense de la danse contemporaine.

































